Mise en avant

Bienvenue aux amis des poètes de la Montérégie

Bienvenue
Hölderlin En bleu adorable ?
[video src="http://amis-des-poetes.org/wp-content/uploads/2012/04/Martin-desktop1.m4v" /]
Note : Si la vidéo n’apparaît pas cliquez dans le titre de cet article.

Pour placer un poème sur cette page : deux méthodes

Première méthode : Vous collez votre poème dans l’espace intitulé Laisser un commentaire sous un autre poème qui vous interpelle.  Votre poème ou votre commentaire apparaîtra immédiatement après avoir cliqué sur  Envoyer ou Laisser un commentaire.

Deuxième méthode :  Pour envoyer un poème qui va s’installer tout seul sur la première page de la section L’ÉcritoireCliquez ici.  Votre courriel va s’ouvrir.  Placez le titre de votre poème dans l’espace de l’objet et collez votre poème dans l’espace du message.  Cliquez sur le bouton Envoyer de votre courriel et rendez vous ici à la page d’accueil de L’Écritoire.  Votre poème est rendu. S’il n’y est pas, voici un truc : recommencez en écrivant au moins le premier mot ou le premier vers, puis collez la suite de votre poème. Envoyez le tout à l’adresse pré-inscrite (le destinataire À).

Consigne d’étiquette :

Si vous avez apprécié le poème auquel vous réagissez, il est suggéré de vous en tenir au texte et d’éviter le commentaire moralisant ou  anecdotique.  On peut discuter de tout, même de littérature, mais pourquoi ne pas rédiger un autre poème ?  Votre poème sera un miroir réfléchissant et la réflexion aura meilleure allure. Mais bien polir le miroir… avec la langue correcte.

Trans-en-danse…D’où le monde sera au ciel comme sur la terre

      L’iconoclaste

par Michel Deguy

Plutôt que de rien comme
Guillaume
Je puis écrire un poème avec tout-et-rien
En tout rien tout bonheur
Est-ce cela que l’on attend ?

Tu seras réduit en temps

Sablier ton corps passe en âme

Ton âme distendue

Poussière maintenant heure par heure

Tout devient temps.
Le temps se perd

La mort étend sa pulvérisation

Que restera-t-il entre les seins de la parenthèse ?

Tes dernières paroles

En quoi croit la croyance,

En l’expressivité

Et qu’un dehors veut dire…

Que regardent-ils ?

Ce qui les regarde

— c’est le stade du visage.

Que ton visage n’exprime rien

Je souhaite que s’y annule la différence

Entre un dedans et un dehors

Nous savons

Que le temps a duré des millions d’années ; que le soleil mourra ; qu’il n’y a pas d’autochtonie ; rien que de l’errance et de l’évolution.
Pas de création, pas de propriétaire, pas d’élection.
Il faut refonder sur l’Ecclésiaste — c’est-à-dire ne plus fonder.

Et de même que le singe de
K. cherchait une sortie hors du simiesque dans « l’humain », de même : l’homme se dégagerait en cherchant une sortie de secours hors de l’humain dans le non-humain.
Qu’est-ce que le non-humain, qui n’est certes pas l’inhumain ?
Il nous faut aller là où nous ne sommes jamais allés, sans retour.

Trans-en-danse

Le trans est la fiction

Comme si là-bas était au-delà

D’au-delà nul ne revient

Mais de là-bas comme si d’au-delà

Où il nous faut aller en connaissance de comme

Fiction tenue d’un outre-lieu

D’où le monde sera au ciel comme sur la terre

Je cherche par où l’être-comme n’est pas l’être-

à-l’image.
Cherchant comme quoi il est et à quoi ressembler,

l’homme-nous

n’aura plus en tête cette assimilation au fac-similé de

son simili.
Ne plus imaginer veut dire ici que la forme

humaine qui tire en avant ne soit plus une forme pour les yeux qui

nous en mette plein la vue.

Le principe est celui de l’hospitalité

La poésie est l’hôte (du poème) de la circonstance

Quelle est la circonstance,

Mais voici l’essence de l’hôte :

On ne sait pas
QUI c’est

— c’est la vieille
Démeter méconnaissable

Au foyer brillant de
Céléos

Qui trempe en secret l’enfant

Dans un bain de braise

Les deux hôtes recevraient

L’un de l’hôte une identité ?

La relation leur apprend la manière d’être

L’imagination est l’hôte de l’inconnaissable

Ayant plongé au fond de l’inconnu

Elle en revient en poèmes chez les humains

Leur dit avec les images

C’est inimaginable, mais c’est comme ça.

(Michel Deguy, in Le monde, 1998, supplément «Poésies vivantes d’aujourd’hui»

Le Québec en nous*

Soixante-deux ans

de respiration

 

soixante-deux siècles

de tricotage spatial

 

le Québec émergeant

nourrit en nous sa galaxie

 

la braise du centre

a reconstitué sa flamme

 

des poings se sont levés

au-dessus des tables en bois d’érable

 

la populace chausse du bon pied

sa longue marche

 

les tranchées de corrupteurs

refoulent sous les semelles solidaires

 

une mine prometteuse

fore toujours de nuit ses étoiles

 

le Québec en nous

confie à la jeunesse sa voix parfaite

 

le Québec en nous

se donne la main de l’avenir

 

Diane Labbé Dubois

* Le Québec en nous est le thème de la St-Jean 2012

Écrire c’est…

Écrire c’est…

Accepter la vie qui surgit, impétueuse et changeante

Saisir l’allégresse et la musique des mots

C’est allumer le feu et tisser de nouveaux rêves

 

 Écrire c’est…

Faire surgir des aubes nouvelles

Faire naître des étoiles et leur explosion rieuse

C’est donner une nouvelle puissance à l’existence…

 

 Écrire c’est…

Se libérer de la lente macération des colères et des paroles retenues

Soulager l’estomac noué et le cœur meurtri

C’est ouvrir des portes de secours… C’est lancer des bouées de secours

 

 Écrire c’est…

Ouvrir les bras et le coeur

Réinventer le monde et la vie

C’est repousser, pour un moment encore, le dernier tunnel…

 

 Écrire c’est…

Se prolonger dans l’épaisseur du temps

Éterniser l’instant, le densifier

 

Écrire, c’est défier le néant… Peut-être.

 

23 mai 2012                                               Marie Bouchard                                                                                                                                          

L’ombre toujours triste

« Elle est dans l’ombre, séparée de la lumière. Le lustre gainé de noir n’éclaire que l’endroit des corps. L’ombre du lustre fait les ombres différentes. Le bleu des yeux et le blanc des draps, le bleu du bandeau et la pâleur de la peau se sont couverts de l’ombre de la chambre, celle du vert des plantes du fond des mers. Elle est là, mélangée avec les couleurs, et l’ombre, toujours triste de quelque mal qu’elle ne sait pas. Née comme ça. Avec ce bleu dans les yeux. Cette beauté. » (Marguerite Duras, Les yeux bleus cheveux noirs, publié en 1986 aux éditions de Minuit, p.48)

Lisez cela à voix haute et dites-moi que ce n’est pas de la poésie…